Géotextile pour drainage : choisir entre 150 et 300 g/m²

Dans un drainage, le géotextile sert d'abord à filtrer les particules et à séparer la terre du matériau drainant. Il ne crée pas à lui seul l'évacuation de l'eau.

Choisissez généralement le 150 g/m² pour un ouvrage courant non carrossable. Passez au 300 g/m² lorsque les contraintes sont plus fortes, avec obligatoirement un agrégat très perméable au-dessus.

Coupe d'une tranchée drainante avec terre, géotextile filtrant et gravier perméable
Le géotextile retient les fines à l'interface. Les vides du gravier et la conception de l'ouvrage donnent à l'eau un chemin réel.

Filtration, séparation, drainage : trois mots à ne pas confondre

Séparation
Le géotextile empêche deux matériaux différents de se mélanger progressivement.
Filtration
L'eau traverse tandis que la migration des particules fines est limitée.
Drainage
L'ouvrage collecte et conduit l'eau vers un volume ou une sortie prévus.

Dans le langage courant, on dit souvent qu'un feutre « draine » parce qu'il laisse passer l'eau. Techniquement, les rouleaux présentés ici remplissent surtout les fonctions de séparation, de filtration et de protection. Le déplacement de l'eau dépend du gravier, des vides, de la pente, du volume et de l'évacuation de l'ouvrage.

150 ou 300 g/m² pour votre drainage ?

150 g/m² : drainage courant

Il convient à une zone non carrossable lorsque le géotextile doit séparer la terre d'un matériau drainant et filtrer les particules fines.

Voir le rouleau 150 g/m² de 37,5 m²

300 g/m² : protection renforcée

Il est destiné aux contraintes plus fortes. Dans un drainage, une rétention ou un bac, placez impérativement au-dessus un agrégat très perméable, par exemple du gravier.

Voir le rouleau 300 g/m² de 75 m²

Le test des quatre questions avant de dérouler

  1. D'où arrive l'eau ? Surface, sol humide, ruissellement ou ouvrage de rétention ne demandent pas la même réponse.
  2. Où doit-elle aller ? Une sortie, un volume de stockage ou une zone d'infiltration doit exister dans la conception.
  3. Le matériau au-dessus conserve-t-il des vides ? Une couche qui se ferme ou se compacte ne devient pas drainante grâce au feutre.
  4. La zone est-elle carrossable ? Si oui, choisissez le 300 g/m² et dimensionnez toute la structure pour les véhicules.

Pose du géotextile dans un ouvrage drainant

  1. Préparez le fond sans pierre saillante, racine agressive ni poche meuble.
  2. Déroulez le géotextile à plat, sans pli qui créerait une surépaisseur.
  3. Faites se chevaucher les lés de 15 à 20 cm au minimum dans notre méthode de pose, à adapter aux prescriptions de l’ouvrage et du produit.
  4. Maintenez les raccords pendant la mise en place des agrégats.
  5. Contrôlez que le matériau drainant ne ferme pas ou ne déchire pas la toile pendant le remplissage.

Ce guide explique la fonction du géotextile. Il ne remplace pas le dimensionnement d'un drain, d'un bassin, d'une rétention d'eau ou d'un ouvrage proche d'un bâtiment.

Pourquoi un drainage se colmate-t-il malgré un géotextile ?

  • La terre atteint le gravier par un raccord ouvert : les fines migrent là où la continuité est rompue.
  • La couche supérieure est trop fermée : l'eau circule mal, même si le feutre reste perméable.
  • Aucun chemin de sortie n'est prévu : l'eau traverse le géotextile puis reste dans l'ouvrage.
  • La toile est plissée ou déplacée : l'interface entre la terre et l'agrégat n'est plus régulière.

Le bon raisonnement n'est donc pas « quel feutre absorbe le plus d'eau ? », mais « comment empêcher les fines d'envahir le volume qui doit rester ouvert ? ».

Questions fréquentes sur le géotextile de drainage

Est-ce que l'eau passe à travers le géotextile ?

Oui, dans la fonction de filtration décrite ici. Le géotextile laisse passer l'eau tout en limitant la migration des particules fines.

Quel géotextile choisir pour un drainage de jardin ?

Le 150 g/m² convient généralement à un ouvrage courant non carrossable. Le choix final dépend toutefois de toute la construction et de la contrainte appliquée.

Pourquoi faut-il un agrégat très perméable avec le 300 g/m² ?

Parce que l'eau a besoin de vides pour circuler. Le 300 g/m² protège et filtre ; l'agrégat forme le volume drainant.

Le grammage le plus élevé draine-t-il toujours mieux ?

Non. Le grammage répond ici surtout à la sollicitation mécanique. Il ne remplace pas la perméabilité et le dimensionnement du reste de l'ouvrage.

Quelle quantité de géotextile prévoir avec les recouvrements ?

La surface du rouleau n’est pas entièrement disponible pour couvrir le sol : une partie sert aux raccords et, selon l’ouvrage, aux remontées sur les côtés. Dessinez les lés avant de commander.

Exemple : deux lés de 1,50 m de large assemblés avec 20 cm de recouvrement couvrent 2,80 m de largeur utile, pas 3 m. Sur 10 m de longueur, vous utilisez 30 m² de toile pour couvrir 28 m² à plat. Les remontées d’une tranchée s’ajoutent à ce calcul.

Peut-on remplacer le géotextile par une bâche étanche ?

Non pour la fonction de filtration décrite ici. Une bâche imperméable bloque le passage de l’eau au lieu de séparer la terre et les granulats en la laissant traverser. Ce n’est pas le même produit ni le même ouvrage.

Faut-il choisir uniquement selon le grammage ?

Non. Le grammage aide à comparer une gamme, mais ne suffit pas à dimensionner un drainage. Vérifiez la fonction prévue, les caractéristiques de filtration et la résistance nécessaires au contact des matériaux. Pour un ouvrage technique, faites valider la référence avec sa fiche.

En vidéo : choisir entre 150 et 300 g/m²

Geoffrey explique le choix du grammage selon le sol et les sollicitations. La vidéo complète la sélection du produit ; elle ne remplace pas le dimensionnement de votre évacuation.

Vous avez défini le chemin de l'eau ?

Comparez maintenant les géotextiles 150 et 300 g/m² selon la contrainte et le nombre de lés nécessaires.

Mise à jour : 12/10/2026. Rédaction métier : Geoffrey Forissier, gérant AG'CO, vingt ans d'expérience dans les aménagements extérieurs. Vocabulaire technique contrôlé auprès du Comité Français des Géosynthétiques.